Elle est devenue un emblème du Mouvement de libération des femmes (MLF) et plus généralement des luttes féministes francophones. Le camp de Börgermoor, officiellement l’Emslandlager, était un camp de concentration nazi situé dans le Pays de l’Ems en Basse-Saxe. Wohin auch das Auge blicket,Moor und Heide nur ringsum.Vogelsang uns nicht erquicket,Eichen stehen kahl und krumm. Le refrain y appelle à la solidarité féminine : « Debout femmes esclaves / Et brisons nos entraves / Debout ! » Numéro final du Zirkus Konzentrazani, la chanson remporte un grand succès auprès des détenus. Nombre d’adolescents le découvrent dans la version anglaise The Peat Bog Soldiers interprétée par le chanteur folk Pete Seeger à la Schaubühne de Berlin-Ouest en 1967. Il est accompagné par un chœur d’hommes bouche fermée, tandis que le refrain est chanté collectivement. Wir sind die Moorsoldaten und ziehen mit dem Spaten ins Moor! Ce coffret propose 33 versions différentes du chant sur les 170 enregistrements qui ont été recensés par le DIZ. B) Contexte historique. Ouvert dès le début de la répression politique en 1933, il fait office de camp de travail et est rattaché au camp principal de Papenburg. La musique, initialement composée en 1941 sur un texte russe, est due à la Française Anna Marly, ancienne émigrée russe qui en 1940 avait quitté la France pour Londres. 1. Il meurt en 1971 à Moers. Il meurt le 6 octobre 1976 à l’âge de 68 ans. Après la guerre mondiale, il reprend son activité syndicale en Allemagne de l’ouest mais rompt avec le Parti communiste. L’année suivante paraît à Zurich son témoignage intitulé Die Moorsoldaten. O terre de détresse ! Wir sind die Moorsoldaten und ziehen mit dem Spaten ins Moor! Le Chant des Marais, hymne européen de la déportation, est une oeuvre collective créée en juillet-août 1933 dans le camp de concentration nazi de Boergermoor. Bien que la partition originale du Börgermoorlied ait été largement copiée et diffusée en dehors des camps, c’est la version d’Eisler qui s’impose sur la scène européenne dès sa création. Le Börgermoorlied, Moorsoldatenlied ou Lied der Moorsoldaten, plus connu en France comme Le Chant des Marais, est né sous le Troisieme Reich dans le camp de Börgermoor, durant l’été 1933.Au moment où naît le chant, le camp est encore partiellement en construction et les détenus sont des opposants politiques ou religieux allemands sous la surveillance de recrues SS. En 1937, durant la guerre civile espagnole, Busch part rejoindre les Brigades Internationales et s’engage musicalement à leurs côtés. Le chant des soldats des marais, dit chant international des déportés. Sa diffusion y sera également assurée par les brigadistes espagnols à partir de la Retirada de 1939. qui a lui-même une histoire peu banale. Créez gratuitement votre compte sur Deezer pour écouter Chant des Marais par Musique De La Garde Républicaine, et accédez à plus de 56 millions de titres. Pas un seul oiseau ne chante Sur les arbres secs et creux. Au programme : des gymnastes, deux clowns, des jongleurs de massue, un comique, les Moor’ Girls – cinq prisonniers travestis –, des lutteurs, des acrobates, un combat de boxe humoristique, un numéro avec une cigogne faite d’un balai et d’un drap, qui répond aux questions du public par des hochements de tête, ainsi que deux « soldats du marais » parodiant l’obligation continuelle pour les détenus de se compter ou de chanter en toute occasion. A la fin de sa peine, le 27 septembre 1944, il est à nouveau déporté au camp de Neuengamme. De strophe en strophe, le refrain s’intensifiait et, à la dernière strophe les SS, qui étaient là avec leur commandant, chantaient, en harmonie avec nous, parce qu’ils se sentaient manifestement interpellés eux aussi comme « soldats du marais ». Terre de … Il purge sa peine de 1934 à 1944 dans divers pénitenciers. Mais, au gré des transferts vers d’autres camps, des libérations d’internés allemands il se répandit dans tout le monde concentrationnaire. Pour autant, la liberté véritable et le retour au foyer peuvent prendre plusieurs semaines, parfois même plusieurs mois. Sentinelles jour et nuit Le chant est écrit pour une voix soliste accompagnée. Le Chant des marais a pour titre original Moorsoldatenlied (Chant des soldats du marécage), ou Börgermoorlied (chant de Börgermoor). Les trois premières notes, répétées, introduisent d’emblée l’ambiance morne qui règne à Börgermoor et aux alentours : « Où que le regard se porte, rien que la lande et des marais ». Marianne Mélodie, coll. Titre. Les paroles originales en français ont ensuite été écrites en 1943 par Joseph Kessel, égale… Il nous semble vivre en cage En 1944, il est transféré à Sachsenhausen puis Neuengamme et sera l’un des rares rescapés de l’évacuation sur le bateau-prison Cap Arcona. L’euphorie de ces deux heures de semblant de retour à une réalité oubliée prend fin avec la restitution du tabac non consommé. Il nous semble vivre en cage, Au milieu d'un grand désert. Wir sind die Moorsoldaten und ziehen mit dem Spaten ins Moor! Le chant des marais. L’idée de la composition d’une chanson, qui ferait office d’« hymne » du camp, voit ainsi le jour. » Chanté pour la première fois à l’occasion de la première grande manifestation du MLF le 20 novembre 1971, il devient finalement l’hymne du mouvement et la partition est imprimée dans le journal Le Torchon brûle. Mais un jour dans notre vieLe printemps refleuriraLiberté, liberté chérie (ou Libre alors, ô ma patrie)Je dirai : tu es à moi, Dernier refrain :Ô Terre enfin libreOù nous pourrons revivreAimer, aimer, ORT House Goguel était à bord du bateau-prison Cap Arcona coulé par l’aviation britannique. ), Das „Lied der Moorsoldaten“. Morgens ziehen die Kolonnenin das Moor zur Arbeit hin.Graben bei dem Brand der Sonne,doch zur Heimat steht der Sinn. sich nach Eltern, Weib und Kind. La version du Lied der Moorsoldaten y figure dans une interprétation plus lente et proche de la complainte. Mais les détenus n’en restituent qu’une portion infime. Un chœur intervient pour le refrain et chante à l’unisson le dernier couplet. À partir de la convergence de ces talents naît le Zirkus Konzentrazani, en référence au cirque Sarrasani qui jouit alors en Allemagne d’une grande popularité. Langhoff lance un appel à volontaires à l’intérieur du camp et reçoit de nombreuses propositions : acrobates, jongleurs, gymnastes, boxeurs, comiques, musiciens, chanteurs, ou encore imitateurs de cris d’animaux. L’espace d’un instant, les détenus retrouvent un plaisir interdit durant ces semaines de traitements dégradants et de terreur exercée par les SS. Pas un seul oiseau ne chante Dans ces divers camps, le Lied der Moorsoldaten est entonné lors de soirées ou de réunions musicales, qu’elles soient clandestines ou en présence de SS. Au moment où naît le chant, le camp est encore partiellement en construction et les détenus sont des opposants politiques ou religieux allemands sous la surveillance de recrues SS. 1, München, 1973. Il figure dans de de nombreux « recueils de chants des camps » (Lagerliederbücher) de l’époque, particulièrement à Sachsenhausen. À partir de 1923 il était acteur à Hambourg, Wiesbaden et Düsseldorf. Auf und nieder gehn die Posten,keiner, keiner kann hindurch.Flucht wird nur das Leben kosten,vierfach ist umzäunt die Burg. Loin dans l’infini s’étendentDe grands prés marécageuxPas un seul oiseau ne chanteSur les arbres secs et creux, Refrain :Ô Terre de détresseOù nous devons sans cessePiocher, piocher, 2. « À Strasbourg, triomphe de la musique ouvrière », L’Humanité, 13 juin 1935. Ce camp fut évacué début mai 1945 devant l’arrivée des forces alliées. Plusieurs milliers de déportés mourront noyés, Goguel est un des survivants. Eichen stehn kahl und krumm. Börgermoor est en 1933 un camp de « détention préventive » (Schutzhaftslager). Voici le récit que fera Goguel de la représentation mise en scène : Nous chantions, et dès la deuxième strophe, les quelque mille prisonniers commencèrent à fredonner le refrain avec nous. Intitulé « Das Lied der Moorsoldaten » (traduit en français sous le titre de « chant des Marais »), il traduit la plainte des antifascistes et des juifs, premiers internés dans ces camps. Il est par ailleurs entonné – à voix basse – pour les nouveaux arrivants dans certaines baraques. All Right Reserved. wo wir fern von jeder Freude Gisela Probst-Effah, Lieder gegen “das Dunkel in den Köpfen”. REFRAIN O, terre de détresse Où nous devons sans cesse Piocher. Wir sind die Moorsoldaten und ziehen mit dem Spaten ins Moor! Le Chant des déportés ou Chant des marais a été écrit par des détenus du camp de concentration de Börgermoor en 1933. Eisler la considère d’emblée comme « l’une des plus belles chansons révolutionnaires du mouvement international des travailleurs. Une partie des détenus est donc libérée après avoir purgé une peine allant de quelques semaines à plusieurs mois. La violence de la répression SS conforte Langhoff et certains co-détenus dans la volonté d’organiser des événements fédérateurs le dimanche. » À partir de la version qu’on lui a chantée, Eisler réalise un arrangement du Börgermoorlied dans la veine des Kampflieder qui lui sont chers. Unpolitscher Tatsachenbericht. L’amour de la liberté et l’appel à surmonter les difficultés sans perdre espoir font également écho aux valeurs du scoutisme. Le chant des marais - 1 interprétation. Peu après, Eisler le fait donner aux États-Unis à l’occasion d’un concert dont les bénéfices étaient destinés aux enfants victimes du régime nazi. Dann ziehn die Moorsoldaten nicht mehr mit dem Spaten in´s Moor! Hier in dieser öden Heide Busch effectue un dernier enregistrement à Paris en 1939. De 1915 à 1917 il travailla comme marin. Plusieurs éléments peuvent expliquer une telle destinée. Le CHANT DES MARAIS – (Le Chant des Déportés) Le Chant des Marais, hymne européen de la déportation, est une œuvre collective créée en juillet-août 1933 dans le camp de concentration nazi de Boergermoor. Celui-ci rejoignit en 1937 les Brigades internationales en Espagne, de sorte que le Moorsoldatenlied, chanté par les volontaires allemands des Brigades, acquit rapidement une grande notoriété. Le Börgermoorlied, Moorsoldatenlied ou Lied der Moorsoldaten, plus connu en France comme Le Chant des Marais, est né sous le Troisieme Reich dans le camp de Börgermoor, durant l’été 1933. Ce chant populaire allemand est également devenu un chant militaire français. Le titre de la chanson évoque les travaux forcés à l’aide d’outils rudimentaires. Dans les années suivantes, il a vécu avec sa famille, à cause des arrestations répétées et l’incapacité de trouver un emploi, une grande détresse économique. Les prisonniers y étaient désignés comme « soldats du marais » (Moorsoldaten), par allusion à l’allure militaire que leur donnait leur bêche portée sur l’épaule tel un fusil lors de leurs déplacements hors du camp. fr. Les armoires sont jetées à terre, du tabac est retrouvé. Outre sa mélodie facile à mémoriser, le chant séduit par son texte fédérateur. Le Chant des marais a pour titre original Moorsoldatenlied ( Chant des soldats du marécage ), ou Börgermoorlied ( chant de Börgermoor ). Canciones de guerra contra el fascismo (1936-1939), 1997. Langhoff est présenté à Johann Esser, mineur dans la Ruhr et militant du parti communiste allemand (KPD), auteur de poésies publiées dans le journal local Ruhr-Echo, l’un des organes du parti. Il est arrêté à l’arrivée au pouvoir des nazis et immédiatement déporté dans le camp de Börgermoor. Terre de détresse Où nous devons sans cesse Piocher Bruit de pas et le bruit des armes Sentinelles jour et nuit La simplicité de la mélodie, notamment du refrain entraînant et facilement mémorisable, favorise la popularité du chant dans le contexte de retour à la musique folk. Wolfgang Langhoff est né le 6 octobre 1901 à Berlin. fr. Membre du parti communiste, acteur dans une compagnie de théâtre militant, il est arrêté par la Gestapo le 28 février 1933 et déporté en juillet à Börgermoor. Entouré de fils de fer, Il est intégré au répertoire des Volkslieder (« chants populaires » du patrimoine allemand), et son enseignement dans les écoles comme symbole « anti-fasciste » revêt une mission idéologique. Ils demandent et obtiennent l’autorisation auprès de la Kommandantur pour un spectacle de cirque. Quiz instructions Créé par History4. Selon une coutume militaire, les SA, puis les SS, exigeaient que les détenus chantent : sur le chemin conduisant le camp au marais qu'ils devaient assécher, en pelletant, lors des appels. Ces documents sont parfois cachés dans des chaussures, dans la doublure d’une veste, ou encore dissimulés derrière des dessins offerts à leur famille à l’occasion d’une rare visite autorisée au camp. Le printemps refleurira, La circulation du chant durant la guerre a elle aussi été largement le fait de détenus communistes. Jeder sehnet Dans ce camp morne et sauvage, Entouré de murs de fer. Intégrant toute une tradition musicale allemande liée aux chants de travailleurs sous la république de Weimar des années 1920, il a été intégré dans l’après-guerre aux mouvements en faveur de la musique folk, dans les deux Allemagnes. Votre score est de / = % Il bat ou égale % des personnes testées aussi eu 100%. On ne pouvait rêver plus beau lieu, l’Hôtel de Soubise dépendant aujourd’hui des Archives nationales, pour faire entendre, en création mondiale, Le chant du Marais de la compositrice Suzanne Giraud. Le tabac qui avait été saisi à cette occasion leur est restitué pour deux heures seulement, à l’issue desquelles ils devront retourner ce qui n’a pas été fumé. Pas un seul oiseau ne chante, Dans les arbres secs et creux. Dans les arbres secs et creux. Tandis que Langhoff supervise la préparation du spectacle de cirque, Goguel se charge de l’apprentissage du chant. Écoutez aussi cette interprétation, par les Choraleuses, en 2010. Ce quiz a été mis en pause. Agnès Triebel, Paris, 2011. hinter Stacheldraht verstaut. Ses auteurs, trois déportés communistes, l’apprirent à d’autres internés qui l’interprétèrent un jour devant les quelques 1000 prisonniers du camp, qui en reprirent le refrain… Le chant fut immédiatement interdit. Dans ce camp morne et sauvage ist das Lager aufgebaut, Un dimanche d’août 1933, les détenus reçoivent la permission de fumer pour la première fois depuis leur arrivée au camp. 126 Albert Street Quelques jours après la « Nuit des longues lattes », Johann Esser avait remis à Langhoff un poème en six strophes dénonçant les conditions de vie des détenus et exprimant l’espoir d’une libération future. Il est devenu une expression de la résistance des déportés dans de nombreux camps, de la solidarité avec eux, maintenant une forme d’hymne de la Déportation. Où nous devons sans cesse Ce chant n’était à l’origine pas destiné à vivre au-delà de la manifestation pour laquelle il a été écrit, celle du 28 mars 1971 en mémoire des femmes de la Commune de Paris. Créé par des détenus communistes dans l’un des premiers camps nazis, ce chant constitue un exemple unique de double-circulation européenne et même internationale en temps de guerre. Les paroles sont interprétées sur l’air du Chant des marais. La version originale de Rudi Goguel connaîtra donc essentiellement une circulation concentrationnaire. Le Chant des Marais, adaptation francophone d'un chant de prisonniers déportés en 1933.